Les rues de La Havane résonnent aujourd’hui d’un cri du cœur poignant, celui de ceux qui, face à une misère croissante, réclament simplement de quoi subsister. Cette réalité amère se manifeste par des pancartes portées par des hommes et des femmes, souvent décharnés, où l’on peut lire « S’il vous plaît, pour manger ». Les récents bouleversements économiques ont exacerbé la précarité à Cuba, et la montée de la mendicité illustre une problématique sociale bien plus vaste, alors même que des autorités ont tenté de nier cette réalité tragique. La démission de la ministre du Travail après des déclarations désinvoltes a mis au jour un malaise profond; les Cubains, de plus en plus nombreux, se trouvent contraints d’arpenter les rues de leur capitale à la recherche d’un soutien essentiel. Dans cet article, les voix de ces âmes vivent et les chiffres inquiétants d’une population vulnérable se rejoignent pour brosser un tableau d’un pays en crise.
La réalité des mendiants à Cuba : entre indifférence et urgence sociale
Ressentir la misère au quotidien devient une norme pour les Cubains, alors que la présence des mendiants dans les rues de La Havane attire l’œil des passants de manière désespérante. Nombreux sont ceux qui, comme William Abel, un homme de 62 ans cherchant à se nourrir dans les poubelles, témoignent d’une détresse qui s’est intensifiée ces dernières années. Dormant dans la rue, il se remémore les périodes où il pouvait subvenir à ses besoins. Sous son t-shirt usé, il cache un corps amaigri et malade, que l’âge et la pauvreté ont ravagé. Son histoire est celle de milliers d’autres au sein de l’île.
Une carte de la pauvreté : qui sont les mendiants ?
Les mendiants de Cuba ne sont pas tous les mêmes. Parmi eux, on trouve des personnes âgées, des malades, mais aussi des jeunes mères avec leurs enfants, trop souvent livrées à elles-mêmes. Voici un portrait des différents groupes de mendiants à La Havane :
- Les personnes âgées : Souvent abandonnées par leur famille et sans revenus suffisants pour vivre dignement, elles s’installent sur les trottoirs, attendant une pièce ou un peu de nourriture.
- Les jeunes : Certains jeunes gens, y compris des mineurs, se lancent dans la mendicité, souvent en quête d’une échappatoire à la pauvreté. Leurs chances d’emploi étant limitées, ils se trouvent souvent en bas de l’échelle sociale.
- Les malades : Des personnes souffrant de maladies chroniques, incapables de travailler, luttent pour leur survie quotidienne. Leur état de santé précaire ne leur permet guère de mener une vie normale.
Ces groupes ont de nombreuses histoires à raconter, révélant un système qui montre des signes de défaillance. Les problèmes structurels de l’économie cubaine, exacerbés par des décennies d’embargo, ont précipité cette crise en 2025. Les témoignages d’érudits, d’organisations comme Caritas et Oxfam, ainsi que de simples citoyens, dressent un portrait alarmant de la situation.

Les dynamiques économiques à l’origine de la montée de la pauvreté
Le mot « pauvre » n’est pas employé dans le vocabulaire officiel cubain pour décrire cette crise sociale. À la place, des termes tels que « vulnérables » ou « sans-abri » sont préférés. Cela reflète une volonté de minimiser une réalité qui, cependant, est visible au quotidien. Ce phénomène est l’aboutissement d’un enchevêtrement de facteurs économiques, sociaux et politiques.
Le gouvernement cubain tente de maintenir un système social qui n’est plus soutenable. Durant des décennies, Cuba a avancé vers des avancées sociales notables, propulsées par des programmes d’aide, mais aujourd’hui, cela semble un lointain souvenir. En effet, entre 2018 et 2023, les prix des denrées alimentaires ont flambé, augmentant de 470 %, laissant des millions de Cubains incapables de satisfaire leurs besoins fondamentaux. Selon les estimations, environ 40 à 45% de la population vit dans une condition de pauvreté.
| Groupe démographique | Pourcentage vivant dans la pauvreté |
|---|---|
| Personnes âgées | 63% |
| Familles avec enfants | 40% |
| Personnes âgées isolées | 47% |
| Jeunes adultes | 30% |
La fréquente déconnexion entre le discours officiel et la réalité vécue par le peuple crée un vide d’attente qui se manifeste sous la forme de rancœur envers les autorités. Malgré le déni des problèmes par des responsables politiques, leur incapacité à proposer des solutions pratiques se fait de plus en plus palpable.
Les histoires touchantes des mendiants à La Havane
Juan de La Cruz, 63 ans, est l’un des nombreux Cubains contraints de mendier pour survivre. Amputé d’une jambe à cause du diabète, il se trouve désormais assis chaque jour sous une colonnade, qui avait autrefois abrité le trafic effervescent de la ville. Sur un carton, il a écrit « S’il vous plaît, pour manger ». Son témoignage illustre la détresse dans laquelle se trouvent de nombreuses personnes âgées, confrontées à l’isolement et à la précarité.
Les histoires de Juan, de William, mais aussi d’autres sans-abri comme Arnaldo Victores, ancien kinésithérapeute, révèlent des parcours de vie brisés. Des vies qui jadis étaient pleines de promesses, maintenant habitées par la lutte pour la survie. Les défis quotidiens auxquels ils font face sont souvent plus que physiques ; ils sont aussi psychologiques, le poids de l’indifférence et de la solitude pouvant parfois devenir insupportable.
- William Abel : À 62 ans, William mendie depuis deux ans après avoir perdu son logement. Son récit émouvant est celui d’un homme qui a vu ses espoirs se réduire à néant.
- Juan de La Cruz : Proverbe auprès d’un carton, il attend chaque jour une maigre assistance. Son histoire évoque la solitude des personnes confrontées à des maladies chroniques.
- Arnaldo Victores : Ancien professionnel, aujourd’hui sans domicile, son rêve se limite à un abri sûr.
Au-delà de la cruauté de leur situation, ces âmes livrées à elles-mêmes semblent souvent faire preuve d’une résilience admirable. Nombre d’entre eux collaborent avec des organisations humanitaires comme Médecins Sans Frontières, UNICEF et le Secours Populaire, qui tentent d’apporter un peu d’espoir à une population désenchantée. La lutte pour la dignité humanitaire se mêle aux efforts d’entraide, illustrant la force de la communauté face à l’adversité.

L’indifférence des autorités et l’impact sur la population
Les autorités cubaines semblent parfois déconnectées des réalités vécues par leur population. Après que la ministre du Travail a nié l’existence de mendiants, provoquant un tollé général, le gouvernement est contraint à réagir. Ce n’est pas un simple sujet de gestion de crise mais l’expression d’inégalités croissantes qui sont désormais impossibles à ignorer. Le président Miguel Díaz-Canel a reconnu le problème, révélant ainsi que ces personnes sont souvent le reflet de l’inégalité sociale profondément ancrée dans le pays.
Politiques de réponse à la crise sociale
Face à ce constat, les actions proposées par les autorités répondent souvent davantage à des préoccupations politiques qu’à des actions concrètes en faveur des plus démunis. L’absence de données statistiques fiables sur la pauvreté rend difficile une évaluation précise des besoins sociaux. En l’absence d’estimations claires, la planification d’aides devient complexe pour des organismes comme la Croix-Rouge ou Action contre la Faim.
- Réactions gouvernementales : Manque d’action concrète des autorités pour résoudre les problèmes structurels.
- Absence de statistiques : Difficulté à établir des politiques d’aide efficaces.
- Aides sporadiques : Programmes sociaux inadaptés aux besoins réels des Cubains.
Les actions entreprises par ces organismes non gouvernementaux, à l’image de la Croix-Rouge ou du Secours Catholique, se font souvent en réaction aux carences des politiques publiques. Cette lutte pour la survie a pris une forme collective, et les initiatives prennent des proportions variées, allant de la distribution alimentaire aux soutiens psychologiques.
Conclusion sur un avenir incertain
Le tableau de La Havane en 2025 est un mélange désolant de dignité brisée et de solidarité humaine. Alors que les mendiants continuent de multiplier leurs appels à l’aide dans des rues coloniales autrefois vibrantes de vie, l’espoir semble glisser vers un avenir incertain. Si la communauté internationale offre des solutions à court terme, le chemin vers une véritable rédemption économique demeure sinueux. Les efforts nécessaires pour ancrer le changement doivent être prioritaires pour voir émerger une Cuba où chacun peut espérer vivre dignement.
FAQ
- Quelle est la situation actuelle des mendiants à Cuba? Les mendiants deviennent de plus en plus visibles à La Havane en raison de la crise économique actuelle.
- Comment les organisations humanitaires interviennent-elles? Des organismes comme Caritas, Médecins Sans Frontières et la Croix-Rouge fournissent assistance alimentaire et aide sociale aux populations vulnérables.
- Quel est l’impact des déclarations politiques sur la réalité des mendiants? Les déclarations de hauts fonctionnaires peuvent exacerber l’indifférence et masquer la gravité de la crise sociale, souvent sans mesures concrètes de soutien.
- Quelles sont les principales causes de la pauvreté à Cuba? L’embargo américain, les faiblesses structurelles de l’économie et la montée des prix alimentent ce phénomène.
- Comment la société civile réagit-elle face à la crise? La société civile, à travers diverses organisations, tente d’apporter un soutien aux plus démunis, palliant le manque d’initiatives gouvernementales.



